Lors de mon approche et réflexion sur l’éducation canine, j’ai saisi combien la relation entre l’éducateur et le maître était importante.
Le dialogue et la compréhension entre eux sont primordiaux pour avancer, de manière cohérente et agréable, avec le chien au fil des séances.
L'élaboration de ma méthode est loin de tout faire reposer sur les épaules du chien : le maître doit aussi effectuer un travail comportemental et de communication sur lui-même, et ce envers l'animal.
C'est aussi cela la méthode "Y Mettre du Chien" !
Considérer le chien comme un robot qui doit s'exécuter, et chez qui aucun "défaut" ou une simple erreur n'est accepté, n'est pas, selon moi, une manière saine d'aborder l'éducation canine.
Etre éducateur canin, c'est aussi avoir une compréhension de la dimension humaine de son métier.
Il faut s'adapter au chien, à son caractère, son vécu, sa capacité physique, mais aussi à son maître et avancer à leur rythme.
Chaque chien est différent, et ce également au sein d'une même race.
Aucun chien n'est "mature" pour les mêmes apprentissages au même moment de sa vie.
Pourquoi lui imposer des exercices auxquels il n'est pas prêt, alors qu'il démontre des aptitudes autres que nous pouvons utiliser immédiatement dans son éducation.
Il faut prendre la peine d'observer son chien, de décoder ce qu'il exprime, et l'éducation devient alors uniquement une source de connaissances, de joie, et de complicité !
Il ne faut jamais perdre son calme et savoir se remettre en question.
Il faut être certain que le chien a parfaitement compris ce qu'on attendait de lui, avant de commencer à lever le ton à son encontre.
Un chien n'a pas de limites d'apprentissage dans ces conditions, mais il faut savoir prendre du temps avec lui.
Attention à ne pas confondre "exigence" et "intransigeance".
Ne laissez jamais de doutes à votre chien dans les demandes que vous lui faites :
un rappel "au pied" doit être exécuté correctement, il ne faut pas vous satisfaire d'un "passage" à deux mètres de vous.
En contrepartie ne hurlez pas d'énervement contre votre compagnon lors de l'apprentissage du rappel, mais trouvez plutôt comment vous rendre assez intéressant pour que votre chien revienne vers vous.
De même que les chiens, chaque personne est unique.
Nous avons tous un vécu et une construction personnelle qui nous est propre.
De nos jours le chien est devenu un animal de compagnie, alors qu'un peu plus d'un siècle auparavant sa population était essentiellement utilitaire.
Nos compagnons d'aujourd'hui souffrent régulièrement de nos projections psychologiques, et ce bien souvent de manière inconsciente de la part de leurs maîtres.
Que ces projections soient de l'ordre de notre ego que nous avons besoin de construire (intransigeance dans l'éducation du chien), de la sécurité que nous recherchons (chien à l'agressivité incitée afin de se rassurer), ou encore bien souvent de nos nécessités affectifs (surattachement anxieux du chien encouragé par le maître), toutes -sans exception- apportent un déséquilibre important et un mal être à l'animal.
Respectons la véritable nature de nos chiens, sans anthropomorphisme. C'est ainsi que nous faisons alors une véritable rencontre avec eux. Ce sont des animaux sociables mais avec des besoins spécifiques.
Chaque maître peut être étonné de la rapidité de progression d'un chien dans son éducation, lorsqu'une communication cohérente pour l'animal est établie.
Cette réalité doit rendre prêt tous propriétaires de chien à effectuer un travail personnel, afin d'être plus structuré et constant face à son compagnon. Il faut être "généreux" et compréhensif envers l'animal.
Malheureusement, certains éducateurs occultent encore ces paramètres et leur importance.
Ils bousculent alors autant le maître que son chien dans des séances suivant un programme préfabriqué.
Parfois certains vont jusqu’à mettre le propriétaire de l’animal de coté pour prendre eux même le chien en main, pensant sûrement qu’ils progresseront plus vite ainsi.
Il arrive alors régulièrement que le chien obéisse ensuite à l'éducateur ou simplement sur le terrain d'entrainement, mais pas du tout à son maître dans le quotidien.
Le propriétaire de l'animal se retrouve alors autant démuni qu'avant face aux comportements gênants du chien, sans aide ni méthode enseignée pour gérer son compagnon de manière autonome.
Il arrive aussi que des éducateurs contredisent rudement « l’inné » et « l’acquis » qu’ils veulent imposer au chien.
Cela perturbe fortement l’animal, lui provoquant un stress important.
Ce sont de graves erreurs de méthode.
Les séances « coup de collier », où il est demandé de donner des à-coups secs sur la laisse pour enseigner au chien à marcher au pied, sont éprouvantes pour l’animal mais aussi pour son propriétaire !
Ces "rappels à l'ordre" énergiques ne devraient être appliqués que sur certains animaux exprimant une domination trop importante autour d'eux.
Ces manières d'exercer sont aujourd'hui révolues!
Comment motiver le chien à apprendre si chaque séance d’éducation se résume pour lui à un moment désagréable fait de contraintes ? 
Comment encourager le maître dans une démarche de confiance s'il a l’impression que son animal et lui-même « subissent » l’éducation ?
Du bon choix de l’éducateur, et de sa méthode de travail, dépend entièrement la suite positive de la relation homme-animal.
Pour avoir eu des chiens extrêmement différents qui ont partagés ma vie, je sais combien il est important de cerner le "caractère" de l'individu pour y ajuster son éducation.
De par la méthode que j'exerce, il est impératif de savoir toujours se remettre en question face à un animal et de ne jamais se reposer sur ses acquis. Il faut être en permanence à l'écoute de ce que nous pouvons encore apprendre de nos chiens, et non pas se butter dans des habitudes éducatives formatées.
Tous les chiens sont améliorables dans leur comportement, pour peu qu'on prenne le temps de les comprendre!













